louv[r]e
Série toujours en cours
Tirages variés en fonction de l’accrochage.
Des reflets et brillances sont capturés à la surface des toiles du Louvre. Les peintures séculaires deviennent alors un théâtre d’apparitions : les compositions abstraites, créées par les halos et trainées de lumière, dialoguent avec les pigments anciens sans jamais les effacer totalement.
En détournant la technique du clair-obscur héritée des maîtres anciens je tente ici de tracer les contours d'un dialogue entre la photographie et la peinture, entre l’ombre de l’histoire et la lumière du présent. La surface picturale, poreuse, accueille un geste contemporain qui parasite les chefs-d'oeuvre et les extrait de leur statut d’icônes. De condition de la vision, la lumière se fait substance tangible que traque le regard.
Le titre de la série se pose comme une clé poétique : Il existe une hypothèse étymologique selon laquelle le nom « Louvre » dériverait du bas latin lupera ou lupara, terme désignant une terre hantée par les loups. Son [r] entre crochets opère un glissement discret : de temple de la mémoire, le musée se mue en un corps vivant, animal arpentant l’ombre, yeux brillants dans la nuit. L'ensemble convoque un imaginaire de la métamorphose et suggère que sous la surface lisse du musée rôde encore une louve, attentive et libre, et dont la lumière serait à la fois le regard et le cri silencieux.
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